1. Le corps comme construction sociale
Le sens commun oppose "nature" et "culture" : le corps serait naturel (biologique, universel), tandis que l'esprit serait culturel (social, variable). Or, la sociologie montre que cette opposition est fausse : le corps est aussi un produit social.
Qu'est-ce que cela signifie ?
Les gestes sont appris : marcher, courir, nager, manger, dormir... tous ces gestes varient selon les cultures. Les Japonais s'assoient en seiza (genoux au sol), les Occidentaux sur une chaise. Ce n'est pas "naturel", c'est culturel.
Les normes corporelles sont sociales : ce qui est considéré comme un "beau corps" varie selon les époques et les sociétés. Au Moyen Âge, les corps ronds étaient valorisés (signe de richesse). Aujourd'hui, c'est la minceur et la musculature.
Le corps est un langage : postures, vêtements, coiffures, tatouages... tout cela communique une identité sociale (classe, genre, génération, appartenance culturelle).
Dans le sport, cette construction sociale du corps est évidente : un rugbyman construit un corps massif et résistant, une danseuse un corps souple et gracieux. Ces corps ne sont pas "naturels" : ils résultent d'un entraînement intense, d'une discipline, d'une socialisation.