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Peut-on faire STAPS sans être sportif ?

Faut-il un passé de compétiteur pour entrer en STAPS ? Ce que disent les attendus nationaux, ce que regardent les commissions et ce que la licence exige.

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C'est probablement la question la plus posée par les lycéens qui hésitent à mettre un vœu STAPS : faut-il un passé de compétiteur pour espérer être pris, et pour tenir une fois dans la licence ? La réponse mérite d'être nuancée, parce qu'elle mélange deux sujets différents : ce que demandent les attendus à l'entrée, et ce que la formation exige ensuite.

Ce que disent réellement les attendus nationaux

Le cadrage national publié au Bulletin officiel liste les compétences favorables à la réussite en licence STAPS. Elles sont au nombre de cinq :

  • Disposer de compétences scientifiques, parce que la licence comporte des enseignements pluridisciplinaires en sciences de la vie et en sciences humaines et sociales.
  • Savoir mobiliser des compétences en expression écrite pour développer un raisonnement argumenté.
  • Disposer de compétences sportives, avec une expérience régulière et diversifiée dans les activités physiques et sportives.
  • Manifester de l'intérêt pour l'exercice de responsabilités collectives, associatives ou citoyennes.
  • Disposer des méthodes de travail et de l'autonomie nécessaires pour réussir des études universitaires.

Une seule de ces cinq dimensions porte sur le sport. Le texte ajoute une phrase que peu de candidats lisent jusqu'au bout : ces attendus ne sont pas hiérarchisés, les compétences étant toutes considérées d'égale importance, et un attendu faiblement développé peut être compensé par d'autres.

Autrement dit, le cadrage national n'exige nulle part un palmarès, un niveau national ou un statut de sportif de haut niveau. Il parle de pratique régulière et diversifiée, et d'un bon niveau de préparation physique.

Ce que regardent les commissions

L'Onisep décrit les éléments sur lesquels s'appuie l'examen du dossier : les notes de première et de terminale dans les matières scientifiques, les compétences littéraires et argumentaires, les compétences sportives attestées par une pratique régulière dans le cadre scolaire ou extrascolaire, l'engagement associatif et citoyen, et la fiche Avenir.

Deux précisions utiles :

  • La pratique peut être attestée aussi bien par une licence de club que par l'association sportive du lycée.
  • L'engagement compte à part entière : encadrer des jeunes, être titulaire du BAFA, avoir suivi une formation aux premiers secours ou s'investir dans une association sont des éléments valorisables.

Enfin, chaque formation publie sur sa fiche Parcoursup les critères qu'elle utilise pour examiner les candidatures. C'est cette fiche, vœu par vœu, qui donne l'information décisive : aucune règle nationale ne fixe la pondération entre le sportif et le scolaire.

Le vrai sujet : accepter de pratiquer

Ne pas être compétiteur est une chose. Ne pas vouloir pratiquer en est une autre, et là, la licence STAPS devient un mauvais choix.

Les activités physiques, sportives et artistiques font partie du tronc commun de première année, abordées à la fois sur un plan pratique et théorique : étude des techniques, pédagogie, réglementation, analyse de l'activité. Elles sont évaluées comme les autres enseignements.

Autre point souvent découvert trop tard : les disciplines sont imposées, à l'exception de la spécialité que l'on peut choisir dans certaines mentions. Il faut donc être prêt à toucher à des sports que l'on n'a jamais pratiqués, des sports collectifs à la natation en passant par l'athlétisme, la gymnastique ou les sports de combat.

C'est souvent là que se joue la différence, plus que sur le niveau de départ. Un étudiant polyvalent et curieux, qui accepte d'être moyen en natation le lundi et à l'aise en handball le jeudi, s'en sort mieux qu'un spécialiste d'une seule discipline qui refuse d'en sortir.

Les profils qui réussissent sans passé de compétiteur

Trois situations reviennent souvent, et aucune n'est disqualifiante :

  • Le pratiquant loisir régulier, sans compétition, mais qui bouge chaque semaine et connaît plusieurs activités.
  • L'ancien pratiquant, arrêté pour blessure ou par manque de temps, qui garde une préparation physique correcte.
  • Le lycéen qui découvre le sport tard, mais compense par un dossier scientifique solide et un engagement associatif réel.

Dans chaque cas, la préparation utile est la même : reprendre une pratique régulière avant l'entrée en licence, varier les activités plutôt que d'en approfondir une seule, et ne pas négliger la préparation physique générale, qui rend les APSA imposées beaucoup moins pénibles.

Le piège inverse

Il existe un piège symétrique, tout aussi coûteux : croire qu'un bon niveau sportif suffit à porter l'année. La licence STAPS reste une licence scientifique et pluridisciplinaire, où l'anatomie, la physiologie, la biomécanique, les sciences humaines et la méthodologie pèsent lourd. Un excellent sportif qui ne travaille pas la théorie se retrouve en difficulté aussi vite qu'un non-sportif qui refuse de pratiquer.

Ce qu'il faut retenir

Vous pouvez candidater en STAPS sans être un sportif de haut niveau, et beaucoup d'étudiants le font. Ce qui compte, c'est de montrer une pratique régulière et variée, un dossier scientifique et rédactionnel cohérent, de l'autonomie dans le travail, et une vraie envie d'enseigner, d'entraîner ou d'accompagner par l'activité physique.

Vérifiez ensuite les critères de chaque formation sur sa fiche Parcoursup : c'est la seule information qui vaut pour le vœu que vous déposez.

Questions fréquentes

Faut-il être licencié en club pour candidater en STAPS ?
Ce n'est pas une obligation réglementaire, mais l'Onisep indique que les compétences sportives sont appréciées à travers une pratique régulière attestée, en club comme dans l'association sportive du lycée.
Un dossier scientifique solide peut-il compenser un faible niveau sportif ?
Les attendus nationaux précisent qu'ils ne sont pas hiérarchisés et qu'un attendu faiblement développé peut être compensé par d'autres. Chaque formation applique ensuite ses propres critères, publiés sur sa fiche Parcoursup.
Peut-on éviter la pratique sportive une fois en licence ?
Non. Les activités physiques, sportives et artistiques font partie du tronc commun et sont évaluées. Les disciplines sont de plus largement imposées, sauf la spécialité dans certaines mentions.

Sources et vérification

Sources consultées lors de la dernière révision éditoriale du 1 septembre 2026. Les modalités locales d'une université peuvent différer : son règlement et ses pages officielles restent prioritaires.

  1. Attendus nationaux des mentions de licence — STAPSMinistère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
  2. Les licences STAPSOnisep
  3. Comment les formations examinent les candidatures ?Parcoursup
Antony Marchis

docteur en biomécanique et fondateur de StapsUp

J'ai passé des années dans les amphis et les labos STAPS, du côté des étudiants puis de la recherche. J'ai créé StapsUp pour donner aux étudiants les outils qui m'auraient fait gagner un temps précieux.

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