Fiche de révision

Entraînement de l'endurance et efficience énergétique

Seuils, HIIT et distribution des intensités chez le sportif entraîné

Mis à jour le

  • L3

Ce que tu vas réviser

  • 1. Trois moteurs, pas un seul
  • 2. Le VO₂max est un plafond, pas une performance
  • 3. Les seuils : la frontière du tenable

L'essentiel du chapitre

1. Trois moteurs, pas un seul

En L1 et en L2, tu as vu comment le corps produit son énergie et comment il répond à un effort. La L3 pose une autre question : comment entraîner un sportif qui est déjà entraîné ?

Joyner et Coyle ramènent la performance en endurance à trois facteurs qui se combinent :

  1. Le VO₂max : la quantité maximale d'oxygène que l'organisme peut consommer chaque minute.
  2. Le seuil : la fraction de ce VO₂max que l'athlète soutient longtemps.
  3. L'économie de course : la quantité d'oxygène nécessaire pour tenir une allure donnée.

Aucun des trois ne suffit à lui seul. Deux coureurs qui affichent le même VO₂max peuvent courir un 10 km avec plusieurs minutes d'écart. C'est la combinaison des trois qui fait la performance, et c'est sur les trois que l'entraînement agit.

2. Le VO₂max est un plafond, pas une performance

Le VO₂max fixe la hauteur du système aérobie. Il ne dit pas à quelle allure l'athlète courra son marathon.

Chez des sportifs entraînés, le VO₂max discrimine mal : leurs valeurs sont toutes élevées et proches les unes des autres. Ce qui les sépare, c'est la fraction du VO₂max qu'ils tiennent sur la durée de l'épreuve, et leur efficience.

Pour l'entraîneur, la conséquence est directe. Un athlète confirmé progresse rarement en cherchant seulement à monter son VO₂max. Il progresse en repoussant ses seuils et en améliorant son économie.

3. Les seuils : la frontière du tenable

Quand l'intensité augmente, deux ruptures apparaissent dans les réponses de l'organisme.

  1. La première, notée SV1, marque la sortie du domaine vraiment facile.
  2. La seconde, notée SV2, marque l'entrée dans un domaine où plus rien ne se stabilise.

Ces ruptures se repèrent sur la ventilation, ce sont les seuils ventilatoires, ou sur la concentration de lactate dans le sang.

Attention à la formulation. Le lactate est un marqueur commode et un substrat énergétique, pas la cause de la fatigue. L'acidose vient des ions H⁺ libérés notamment par l'hydrolyse de l'ATP et par la glycolyse rapide. Dire que le lactate brûle les muscles est faux.

Deux coureurs entrent au laboratoire avec le même VO₂max. Sur 10 km, l'un met une minute trente de moins que l'autre. Rien d'anormal : le VO₂max ne fixe qu'un plafond. Ce qui sépare les deux athlètes, c'est la fraction de ce plafond qu'ils tiennent sur la durée de l'épreuve, et le prix en oxygène qu'ils paient pour chaque kilomètre. Ce chapitre part de là : chez un sportif déjà entraîné, la performance en endurance se construit sur les seuils et sur l'économie de course autant que sur le moteur aérobie.

Notions clés dans le cours

Ces termes sont replacés dans la phrase où ils apparaissent dans le chapitre.

  • économie de course

    L'économie de course : la quantité d'oxygène nécessaire pour tenir une allure donnée.

3 questions pour te tester

  1. 1.Selon Joyner et Coyle (2008), quels sont les trois déterminants principaux de la performance en endurance ?
    • A. VO₂max, seuil et économie de course
    • B. Force maximale, vitesse et souplesse
    • C. VO₂max, masse grasse et âge biologique
    • D. Fréquence cardiaque, pression artérielle et volémie

    Bonne réponse : A. VO₂max, seuil et économie de course

    Joyner et Coyle articulent VO₂max, seuil et économie. VO₂max et seuil donnent la consommation d'oxygène soutenable, l'économie la convertit en vitesse. Les autres propositions relèvent d'autres qualités physiques ou de simples variables descriptives.

  2. 2.Quelle vitesse de référence est la plus utilisée dans la littérature pour comparer l'économie de course ?
    • A. 12 km/h
    • B. 14 km/h
    • C. 16 km/h
    • D. 20 km/h

    Bonne réponse : C. 16 km/h

    Barnes et Kilding (2015) indiquent que la vitesse de référence la plus courante est 16 km/h, notée 268 m/min dans l'article, ce qui correspond à six minutes au mille. Les études utilisent en réalité des vitesses de 12 à 21 km/h, ce qui complique les comparaisons.

  3. 3.Le lactate produit à l'effort est la cause directe de l'acidose musculaire.
    • Vrai
    • Faux

    Bonne réponse : Faux

    L'acidose provient des ions H⁺, libérés notamment par l'hydrolyse de l'ATP et par la glycolyse rapide. Le lactate est un marqueur de l'intensité et un substrat énergétique utilisé par le cœur, le cerveau et les fibres oxydatives.

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